dimanche 12 décembre 2010

quand on les sait, on les apprend aux autres


"Le 28 octobre 1874, Victor Smith interroge Nannette : "comment vit-on à Sainte-Eulalie", mais aussi "où l'on dit des contes - saison - lieu - occasion". [...]
A la seconde question, Nannette Lévesque répond ainsi :
Les contes on les apprend en gardant, des bergères. A la veillée, le jour. Les maîtres les racontent aux filles louées affermées. Et quand on les sait, on les apprend aux autres."
pp. 15-16.

15 oct 1872, Victor Smith note : "Elle sait le Stabat mater en latin, elle m'offre de le chanter". [...]
En octobre 1974, alors qu'il cherche à enregistrer l'ensemble du répertoire de Nannette Lévesque, il note : "Nannette sait la prière que lui ont apprise son père et sa mère, le Stabat mater que lui a appris une voisine, les actes de sa première communion que lui a appris son curé. Elle n'a rien oublié de cela. Elle ne peut lire une seule lettre. La mémoire seule a agi chez elle."
p. 555

Extraits tirés de l'ouvrage : "Nannette Lévesque conteuse et chanteuse du pays des sources de la Loire" Edition établie par Marie-Louise Tenèze et Georges Delarue.
Gallimard, 2000.

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